mercredi 13 juillet 2011

Titanic (1997) de James Cameron


         Après des succès tels que Terminator (1984) et Abyss (1989), James Cameron s’est vu confier l’importante tâche de porter pour une nouvelle fois à l’écran le naufrage du Titanic en 1912. Le film semble aussi démesuré que le fameux bateau : à sa sortie, il s’agit de la production la plus chère de toute l’histoire du cinéma, avec des coûts dépassant les 200 millions de dollars. Titanic reçut onze Oscars en 1998 (dont ceux du meilleur film) et reste le plus grand succès du box-office mondial jusqu'à ce qu'il soit battu en 2010 par Avatar, réalisé par le même Cameron. Comment expliquer le triomphe de ce film monstre ?
         Titanic s’inscrit tout d’abord dans une longue tradition épique hollywoodienne où une histoire d’amour passionnée à la Roméo et Juliette est mélangée à une fresque historique qui prend ici les allures du film catastrophe. La romance, magnifiée par une caméra très mouvante et une musique ronflante, s’avère volontairement naïve. Heureusement, l’aspect social (car Madame vient de la Haute société alors que Monsieur vit de sa peinture) et le physique glamour du couple Leonardo DiCaprio/Kate Winslet viennent rehausser le niveau de cette amourette à l’eau de rose.
         On l’aura vite compris, l’intérêt de Titanic réside ailleurs, plus précisément dans sa partie catastrophe. En effet, Cameron a fait un excellent travail de reconstitution et bénéficie d’admirables images de synthèse. Le paradoxe du film réside ici : pour mettre en scène le mythe du Titanic, c’est-à-dire la dénonciation de la folle confiance de l’Homme dans le progrès, Cameron utilise la toute dernière technologie avec une certaine arrogance. Si l’introduction du film (et du décor) paraît être un festival d’effets spéciaux numériques, le naufrage en lui-même (qui dure la moitié du spectacle) est particulièrement prenant. Ressurgit alors la question de la moralité du film catastrophe, genre dérangeant puisqu’il réveille les plaisirs sadiques du spectateur.
         Voilà donc un film assez « putassier » qui manque bien de finesse. Le comble en est sûrement la construction du récit en flash-back, à la façon du contemporain Soldat Ryan, avec les survivants émus et nostalgiques retournant sur les lieux du passé. Finalement, on donc bien le droit d’affirmer que Titanic est vraiment à l’image de son sujet : tape à l’œil mais impressionnant.